POUROUGEPOULE

Le pou rouge n'est pas introduit dans les Ă©levages par les oiseaux sauvages.

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D'oĂč viennent les poux de vos Ă©levages ?

Le pou rouge est transportĂ© entre Ă©levages par les camions soit au dĂ©but soit Ă  la fin de la bande, pas en cours de bande. Au dĂ©but d'une bande de pondeuses, les acariens peuvent arriver avec les caisses de transport en provenance de l'Ă©levage de poulettes s'il est infestĂ© ; Ă  la fin d'une bande, les acariens peuvent arriver avec les caisses de transport fournies par les abattoirs. Elles sont introduites dans l'exploitation aprĂšs avoir transitĂ© dans d'autres Ă©levages et jouent le rĂŽle de vecteurs mĂȘme lorsqu'elles ne contiennent pas de poule.

Schéma de transport involontaire des acariens

Transport involontaire de poux rouges par les caisses de transport et les camions.

Existe-t-il un lien entre oiseau sauvage et infestation des fermes ?

Les oiseaux sauvages sont innocents : leurs nids hĂ©bergent des populations de pou rouge gĂ©nĂ©tiquement diffĂ©rentes et il n'y a pas d'Ă©changes de poux rouges entre oiseaux sauvages et domestiques, mĂȘme si des oiseaux infestĂ©s nichent trĂšs prĂšs du poulailler.
Les Ă©vĂ©nements de contamination sont-ils frĂ©quents ? Paradoxalement, bien qu'une infestation puisse rĂ©sulter de l'introduction d'un tout petit nombre d'acariens, les Ă©vĂ©nements de contamination efficace (suivis de l'installation d'une population de poux rouges et aboutissant Ă  une infestation) semblent rares. Mais une fois l'acarien installĂ© dans le bĂątiment, il est trĂšs difficile de s'en dĂ©barrasser. Les pullulations de poux rouges en cours de bande rĂ©sultent de la reproduction des poux rouges prĂ©sents dans le bĂątiment au dĂ©but de la bande et non de contaminations externes. Le vide sanitaire ne permet pas d'Ă©liminer la population de poux rouges : mĂȘme si le nettoyage Ă©limine beaucoup d'acariens, il en reste bien assez en fin de vide sanitaire pour permettre leur prolifĂ©ration durant la bande suivante, mĂȘme s'ils passent trĂšs souvent inaperçus pendant plusieurs mois.

En savoir plus

Comment sait-on cela ?

Des Ă©quipes de recherche ont conduit des analyses de gĂ©nĂ©tique des populations (voir Roy et al. 2021). Ces analyses s'appuient sur le gĂ©notypage de nombreux acariens prĂ©levĂ©s dans les fermes (voir plus bas). Le principe repose sur les connaissances suivantes : Le pou rouge se reproduit de maniĂšre sexuĂ©e si bien que chaque acarien a un pĂšre et une mĂšre. Comme chez les autres espĂšces Ă  reproduction sexuĂ©e, le patrimoine gĂ©nĂ©tique (ou gĂ©nome) de chaque individu est une combinaison unique de sĂ©quences d'ADN transmises par ses deux parents avec brassage : chaque individu partage bien sĂ»r de nombreuses portions d'ADN avec les autres individus, mais il prĂ©sente aussi des versions diffĂ©rentes Ă  certains endroits du gĂ©nome1. Le nombre de versions diffĂ©rentes dĂ©pend notamment du degrĂ© d'apparentement. On sait aussi que le hasard de la rencontre des sexes et du brassage gĂ©nĂ©tique induit des variations de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration dans la frĂ©quence des diffĂ©rentes versions au sein de la population (c'est la dĂ©rive gĂ©nĂ©tique). La frĂ©quence des diffĂ©rentes versions ne varie pas de la mĂȘme maniĂšre entre populations isolĂ©es (entre lesquelles il n'y a pas de croisement).

Génotyper2 individuellement des acariens prélevés dans différents élevages de volailles ainsi que dans des nids d'oiseaux sauvages et analyser les données à l'échelle des populations permet de comparer les proportions d'apparentement au sein de et entre les populations. Nous identifions ainsi les voies de contamination des élevages en nous basant sur les hypothÚses suivantes : Les acariens de deux populations connectées ont presque autant de chances de se reproduire entre eux qu'à l'intérieur de l'une d'entre elles. En revanche, les acariens de populations moins connectées ont plus de chances de se reproduire avec des acariens de leur propre population. Cette simple réduction du flux génétique entraßne une différenciation des populations d'acariens d'une génération à l'autre, ce qui a un impact significatif sur la gestion des épidémies.

1: Plus prĂ©cisĂ©ment, le pou rouge est haplodiploĂŻde comme les abeilles : les Ɠufs non fĂ©condĂ©s donnent naissance aux mĂąles et les Ɠufs fĂ©condĂ©s aux femelles. Les mĂąles Ă©tant par nature incapables d'engendrer des petits, la contribution des deux sexes est donc indispensable au dĂ©veloppement des populations (il ne semble pas y avoir de reproduction strictement asexuĂ©e comme chez d'autres acariens).

2: GĂ©notyper consiste ici Ă  caractĂ©riser les sĂ©quences d'ADN de plusieurs zones dĂ©terminĂ©es du gĂ©nome au sein de l'individu. Les analyses de gĂ©nĂ©tique des populations consistent en gros Ă  comparer la frĂ©quence et l'identitĂ© des zones diffĂ©rentes entre individus prĂ©levĂ©s au mĂȘme endroit et entre individus prĂ©levĂ©s dans des fermes et/ou nids diffĂ©rents.

Sources scientifiques

Une partie des informations résumées dans cette section est issue de travaux récents de l'équipe de L. Roy, non publiés au moment de l'élaboration du site. Les études disponibles sont les suivantes :

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